Pompulilu, du haut du ciel ! Pompulilu, l'Etoile veille !
Parce que les mots n'ont plus leur place. Que les futilités et les niaiseries persistent. La lassitude. Non, Monologues sur le Plaisir, la Lassitude et la Mort. Alors quand la mélancolie vous aspire, ou vous pénètre peut-être, le sens des mots disparait. Juste des symboles qui se suivent, juste des petites lucioles qui brillent faiblement dans une forêt. Rien que ça.
L'heureux bonheur qui m'a envahi n'a rien de commun avec la joie, non. Il serait plus proche d'un soulagement, la découverte de personnes compréhensives joue un certain rôle je crois. Et encore, ce n'est pas moi qui crois, non. C'est une partie au fond de moi. Une partie étrange, un peu dans l'estomac, ou peut-être rien que dans le c½ur, quoique ma tête cogne aussi. Une partie qui ne veut plus dormir seule, une partie qui passe ses nuits ailleurs, une partie qui se confie. Rien à voir avec moi. Avec ce moi cloué au lit, sans force, avec une maladie rien que mentale. Une fatigue à force de ne rien faire. Un dégout à force de ne plus rien manger. Une lassitude oui, à force de contempler la vie qui défile, cette vie que je laisse filer. Mais encore, ce n'est pas le sujet. Le sujet est cette belle dissection, cette étude de texte, cette analyse lexicale, ce, ce, ce.
L'inutilité de mes mots me soulage. J'écris ici, tout le monde pourrait lire, oui. Et en même temps, mon égoïsme me pousse à n'écrire que pour moi. Egoïste, comme toujours. C'est le mot le plus fréquent non ? Parmi toutes les autres désignations, parmi les douloureuses rumeurs, parmi ces réputations fictives, oui je crois que quelque part ce mot se retrouve toujours. Au coin d'un sourire mesquin, au coin d'une insulte, au coin d'un oubli. Car je ne suis pas le centre du monde. Et R. dirait à N. ( ou peut-être l'inverse, ou peut-être encore, simplement, sont ils les mêmes ? ) qu'on ne peux pas posséder une personne, et que pourtant parfois, à vous arracher le c½ur, on ne désire que ça.
Les choses changent, parait-il. Celui qui nous a appris à être nous, à être fragile, celui-ci ne dit plus de "Je t'aime". Alors que c'était la première fois qu'Elle pensait réellement ces mots. Et c'est peut-être bien pour ça qu'Elle perd le gout de tout, l'envie, le, le. Et elle voudrait tant compenser. En dormant avec un L. qui lui fait penser à un S. sans assurance, donc sans charisme & sans charme, après tout. Ou en se confiant maladroitement à un A. qui la devine beaucoup trop. Et c'est là où tout devient si terrifiant. Car à chaque fois qu'il n'est plus là, Elle fait n'importe quoi. Comme ces innombrables fois, ces fêtes, ces après-midi au parc, ces nouvel-an. Pas de regret non, manquerait plus que ça ! Mais une amertume, une constatation : sans lui elle n'est plus rien. Sa confiance se brise, son amour propre disparait. Comme avant, comme pendant cette année d'agonie. Des cheveux noirs, des vêtements noirs, un seul ami ou peut-être un seul esclave. Rien de bien reluisant, la destruction d'une personnalité. La création d'une autre, le réveil, LA rencontre. Et hop, le fusionnel en devient destructeur & plus rien n'a de sens. Encore une fois. C'est comme essayer de respirer sous l'eau, ou marcher dans une forêt en feu. Quelque chose comme ça. Comme quand on nous vide à la petite cuillère. Et encore, ce ne sont que des métaphores, la douleur physique et la douleur morale n'ont aucun point de comparaison, elles n'ont aucun lien. Non, réellement. Aucun.
On m'a dit d'effacer tout ça, mais je ne peux pas. Je ne peux pas faire disparaitre la seule chose dont je sois fière, la seule chose qui n'est qu'à moi, que personne ne pourra jamais me voler, qui ne disparaitra pas. Je l'espère en tout cas. Car mes rares moments guimauves me font peur. Je dis guimauve car cela n'a rien à voir avec du bonheur, c'est simplement niais. Et éphémère, dans un sens ou dans l'autre. Et on en revient à cette lassitude. On en revient à, à, à, cette fille là.
Et, sincèrement, j'aime le bonheur des autres, j'aime voir tous ceux qui partent, tous ceux qui ont croisé ma vie, être heureux. Et je me complais dans ma vie, dans cette situation, c'est moi qui végète, c'est moi qui décide de végéter, NUANCE. Alors pour l'instant je peux mentir, croire réussir, mais, je connais déjà la fin. La triste, triste, fin. Je pense que D. finira par se lasser de M. après tout, et si cela arrivait, oh mon dieu, je n'y survivrais pas. Je ne pourrais plus croire en rien, et pourtant ce n'est que fictif. J'ai eu besoin de m'enfermer dans d'autres histoires. J'ai déchiré mon c½ur, mon âme, en plusieurs morceaux, et je les ai enfermés dans un million d'histoires, de chansons, de lieux, pour que moi même ne souffre plus. Pour que les larmes ne soient plus les miennes, pour que les baisers ne soient plus les miens, pour que plus aucune relation ne me concerne directement. Et pourtant rien n'y fait n'est ce pas ?
Je vais bien. Ce n'est pas important. C'est inutile, futile. Oui, mais si la voix tremble, alors à quoi servent ces mots ? Ils n'en sont que plus révélateurs. Et rien qu'un peu de fatigue me fait revenir à moi, je suffoquais, je me cachais et hop me revoilà ! Et c'est fatiguant, pour les autres. Alors masque, masque, revient !
Pompulilu, pouvoirs magiques ! Pompulilu, c'est fantastique !
De disparaitre, d'oublier, de s'oublier. De glisser des mots sans sens, de passer du coq à l'âne. De n'être rien d'autre que des morceaux de journaux dans une boite, qu'une vieille chanson dont les mots, dont le langage, serait oublié, mort.
J'ai épuisé les mots, une fois de plus.
Vous savez, quoique je dise, quoiqu'on dise. Quoiqu'on fasse, après tout, seule l'interprétation compte. Seul ce que vous en pensez compte, pour vous. Et seul ce que j'en pense compte, pour moi. C'est là qu'intervient l'égoïsme. Et pourtant ce n'est pas ça. Comme déjà dit, personne ne nous appartient. Jamais. En réalité rien ne nous appartient jamais vraiment. Et encore moins ce que l'on pense de nous. Alors bon. J'aime à écrire ce que je veux, ce dont j'ai besoin. Et qu'importe l'absence de lecteur, qu'importe l'absence de compréhension. Ecrire n'a qu'un seul but. S'exorciser.
CROYEZ CE QUI VOUS AIDE A MIEUX DORMIR LA NUIT.
Parce qu'après tout vous décidez de qui vous voulez être, de qui vous voulez croire, de qui vous voulez paraitre, de qui, de qui, de qui.
Criez ! Les loups arrivent ! Autour de la calèche, je ne sais pas la fin. Car il n'y a pas d'histoire d'amour dans le livre, non. L'histoire n'est pas belle pour le coup. Seuls les mots le sont. NON. Seul le sublime mariage des mots l'est. Car les mots seuls ne veulent rien dire. Les mots seuls ne sont que des gouttes d'eau dans la mer, dans l'océan entier.
Je.Ne.Demande.Pas.A.Etre.Comprise.STOP.M.Ne.S'investira.Plus.Jamais.Dans.Une.Relation.STOP.
Et.Pourtant.Même.Un.Fou.Aurait.Aperçu.Les.Ongles.S'enfoncer.Dans.La.Peau.Pour.Ne.Pas.Crier.
STOP.
Raison d'être.
L'exorcisme est terminé. Tombé de rideau.
"- Alors cette pièce?
- Je n'y ai rien compris.
- Ah?
- Et pourtant.... J'ai l'impression que tout ce qui m'étreignait le c½ur a disparu."
Et en sortant, les affiches s'effritent déjà à cause de la pluie. Cette pièce n'a jamais existé. Vous l'aurez compris :
Croyez ce qui vous aide à mieux dormir la nuit.M.